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Eric Boschamn. Un mec qui n’a pas que de la bouteille…

Mis à jour : 28 mai 2020

Eric Boschman, c’est le Rémy Bricka de la restauration. Il sait tout y faire et il connaît le secteur de l’horeca comme peu de gens. Ce quinquagénaire a plein de flèches dans son carquois. C’est aussi une forme de Robin des Bars. Défendant sans cesse les petits avec intégrité saine. Sa liberté en fait son particularisme. Difficile d’avoir une prise sur ce trampoline humain. Champion de l’hédonisme. Séducteur au coeur tendre qui cherche à plaire sans séduire. Son premier métier qu’il fait le mieux et pour lequel il fait l’unanimité, c’est d’être un excellent sommelier.


Depuis 1982, il truste les différents prix. En 1990, il révolutionne par sa gouaille la Manufacture comme sommelier très révolutionnaire. Si pour vous, un sommelier, c’est un monsieur dans un costume strict qui vous articule du « françois » châtié dans un discours poétique, force est de reconnaître qu’il est un peu l’Audiard des boissons alcoolisées. Cela envoie du bois mais de qualité. Donc, il dérange un poil mais comme ses connaissances sont sans faille, il est difficilement pris en défaut. On peut lui accorder une ressemblance avec Coluche tant par le physique, la générosité et son amitié sans faille que dans ses réparties qui font mouche. On peut même dire qu’il y a un peu du regretté Jean-Pierre Coffe dans notre Boschman.



Né dans la restauration…

Le natif de Charleroi, véritable enfant de la poêle, cet homme au physique pour le moins pas banal avec une tête qui fonctionne bien devient une personnalité médiatique avec de très nombreuses apparitions sur les antennes. Facile à reconnaître par ses tenues anticonformistes et ses chemises souvent fleuries. Le garçon n’a pas sa langue en poche. Il est passé par les grandes écoles de l’époque : Romeyer, Chez Bruneau et enfin l’Oasis.


Il ouvre en 1992 avec Alain Coumont, un restaurant qui fait fureur, le Pain et le Vin. Alain Coumont, c’est l’homme qui a créé la chaîne florissante de Pain Quotidien.

A « hall of fame » figurent quelques beaux trophées comme le meilleur sommeiller de Belgique en 1988, 4ème et finaliste au championnat du monde Sommeiller à Cuba en 2008 et tout récemment, la Wine Personality of the Year par Vino. Il se la pète un peu avec son ordre d’officier de l’Ordre du Mérite National de la république française. L’autodérision fait partie de son registre donc vous êtes prévenus.


Du vin au cigare en passant par la nourriture, l’homme est incollable. Il est de la race de ces seigneurs qui font tout sérieusement mais sans se prendre au sérieux. Il a participé à une bonne dizaines de livres car il a la plume facile et efficace. Si vous devez en lire deux, Shiny vous recommande « La Cuisine des Boschman : une histoire de famille ». Livre écrit à 6 mains avec son père et son frère. Il est sorti en 2009 mais il doit bien exister un bouquiniste qui pourra vous le trouver. Dans le même esprit, en 2012, il publie « Le goût des Belges : La Saga » avec Nathalie Derny. Chez les Editions Racine.


Dans les médias

Il est apparu régulièrement sur les chaînes de notre service public donc la RTBF dans « Un gars. Un chef » avec l’ami Gérald Wathelet et Adrien De Devyver. Il est régulièrement le matin sur Bel RTL en compagnie de Sandrine Dans dans « Ça se discute ». Même sa voix donne du relief à l’émission car l’homme est affable sur tout. Et affable à table bien entendu. Il a un avis sur tout.



Sur les planches

Mais le sacré Graal et donc son panard intégral, il le touche sur scène depuis 3 ans dans un stand-up vachement efficace. Il partage son savoir avec les spectateurs qui dégustent pendant le spectacle. « Ni Dieux ni maîtres mais du rouge » évoque son parcours de sommelier de manière comment dire Boschmanienne. Donc, on s’amuse. Débuté au théâtre Le Public. Il a été au Festival d’Avignon et Festival d’Uzès. Il est dans toutes les salles en Belgique. Là aussi, il dérange. Pas vraiment issu du sérail théâtral. Fatalement, il dérange l’établishment. Comme à son habitude, il fait cela sans aucunement se prendre le melon et cela marche. Cela cartonne même. Il fait de l’ombre à certains mais il s’en accommode.


Personnage public

Si on doit comparer Eric, c’est un peu le Toots du vin, le Geluck du cigare, l’Arno du Whisky, le Brel de l’horeca, le De Groodt des planches, le Damiens de la réplique qui tue, … il représente tellement bien la Belge Attitude de l’époque de la Belle Gique Joyeuse. L’union fait sa force. C’est chaque fois l’assurance de vivre un excellent moment lors de chacune des rencontres.


L’homme est hyperconnecté. Il vous parle en envoyant un texto, likant un commentaire ou Whatsappant un plat, en Facebook Live avant un spectacle, … Comme évoqué au début de ce papier, c’est l’authentique Rémy Bricka du 21ème siècle. Un éternel enfant qui vit à 300 à l’heure. Un homme à connaître et à côtoyer.


Pietje Schramouille

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